en   MOT  dièse
petite  ANTHOLOGIE  de  poésie  et  de  musique  de  chambre

de Philippe MARTINEAU

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L'aigle bleu


On ne vit ni archer
ni quelque autre tireur
mais un aigle touché,
perdant de la hauteur.

Affolant le cyprès
− et la pénombre avec −
il se posa si près
que je sentis son bec.

Bien qu'il fût d'une espèce
allergique aux sanglots,
je vis de la détresse
au fond de ses yeux clos.

Sa plaie n'était pas sans
susciter ma douleur,
et perdre autant de sang
témoignait d'un grand cœur.

Je priais de mon mieux
les cieux de ce rapace
pour que ses ailes bleues
à jamais remuassent.

Mais l'oiseau était mort,
et ses ailes, défaites,
ne remuaient encore
qu'au gré de la tempête.








in « Poèmes traduits du silence »
édition 2016 (voir LIBRAIRIE)


par Gilles-Claude THÉRIAULT :
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