en   MOT  dièse
petite  ANTHOLOGIE  de  poésie  et  de  musique  de  chambre

de Philippe MARTINEAU

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Autoportrait



Pour vous punir d'avoir trop marché
le destin vous trancha les deux jambes.
Et alors qu'au soir de votre vie
la douleur mangeait votre sourire,
vous me dîtes :
« J'ai déjà un pied dans la tombe. »
alors que vos deux pieds déjà marchaient sous terre.

Pour vous punir d'avoir trop aimé
le sort vous arracha la moitié du cœur,
celle qui naquît en robe blanche...
Vous n'eûtes que le temps d'esquisser son portrait
sur une page de votre carnet
de rendez-vous.

Alors que l'automne s'alourdissait,
vous peignîtes une toile hallucinante :
un ciel immense,
sculpté dans la cervelle d'un dieu ;
un ciel plus lourd que l'enfer.
Je ne vis pas alors
que c'était votre portrait :

in « Exaspérance » - édition L'ENCRIER - 1987



« Ciel d'orage sur la mer » par Louis Rémond - 1978



par Gilles-Claude THéRIAULT :
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